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Surveiller la disponibilité des sites clients : rapport mensuel

Sécurité & Monitoring10 min de lecture7 étapes

Un site client tombe un samedi soir. Le client le constate avant vous, vous l'apprenez par un message agacé, et la discussion du mois suivant porte sur la confiance plutôt que sur la cause. Surveiller la disponibilité d'un portefeuille ne demande pas un outil de plus : des sondes bien choisies, une règle de confirmation avant alerte et un rapport mensuel qui prouve ce qui a été mesuré suffisent. Ce guide décrit ces trois pièces, avec des seuils de départ indicatifs et sans promettre le moindre chiffre de disponibilité.

Sommaire· Pourquoi le client apprend la panne avant l'agence1/13
  1. 01Pourquoi le client apprend la panne avant l'agence
  2. 02Les types de sonde et ce que chacune détecte
  3. 03La règle de confirmation : n vérifications avant d'alerter
  4. 04Les causes de faux positifs à éliminer
  5. 05Seuils de départ indicatifs, à ajuster par site
  6. 06Mettre en place la surveillance d'un portefeuille
  7. 07Fenêtres de maintenance et canaux d'alerte
  8. 08Cassez la sonde avant de lui faire confiance
  9. 09Le rapport mensuel : ce que le client lit en deux minutes
  10. 10Modèle de rapport mensuel
  11. 11Disponibilité mesurée par l'agence et SLA de l'hébergeur : deux notions
  12. 12Quand le portefeuille grandit
  13. 13La documentation officielle

Pourquoi le client apprend la panne avant l'agence

Sans surveillance, la panne se découvre par le mauvais bout : le client ouvre son site, voit une erreur, et vous écrit. Le délai entre la panne et votre réaction n'est plus mesuré par vous, il est mesuré par lui. À l'inverse, une surveillance mal réglée produit un autre échec : dix alertes par semaine dont neuf sont fausses, un canal que plus personne ne lit, et la vraie panne qui passe inaperçue au milieu du bruit.

Le but n'est donc pas de tout surveiller, mais de savoir, pour chaque site, trois choses : est-il joignable, répond-il avec le bon contenu, et ses échéances (certificat, domaine) sont-elles loin. Un second besoin s'ajoute en fin de mois : le client demande une preuve de disponibilité, et seule une mesure continue, horodatée, permet d'y répondre sans reconstituer l'histoire de mémoire.

Les types de sonde et ce que chacune détecte

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SondeCe qu'elle détecteCe qu'elle ne voit pas
HTTP (code de réponse)Serveur arrêté, erreur 5xx, délai dépassé, site injoignableUne page d'erreur renvoyée avec le code 200
HTTP avec mot clé attenduPage vide, message d'erreur applicatif, base de données absente, page de maintenance oubliéeUn défaut visuel ou une fonction cassée plus loin dans le parcours
Certificat TLSCertificat expiré ou sur le point de l'être, chaîne incomplète, mauvais nom d'hôteUn site hors ligne dont le certificat reste valide
DNSEnregistrement A, AAAA ou MX modifié ou disparu, zone qui ne répond plusUn serveur web en panne derrière un DNS correct
Expiration du domaineDomaine proche de sa date d'échéance, renouvellement automatique non actifL'état de santé du serveur
Battement de tâche planifiéeSauvegarde, cron ou file de messages qui ne s'est pas exécuté dans le délai prévuUne tâche qui s'exécute mais produit un mauvais résultat

La règle de confirmation : n vérifications avant d'alerter

La plupart des faux positifs sont des pannes de quelques secondes : un redémarrage de service, une coupure réseau sur la sonde, un pic de charge. Une alerte déclenchée à la première erreur réveille quelqu'un pour rien. La parade tient en une règle : ne déclarer la panne qu'après n vérifications consécutives en échec, espacées d'un intervalle court.

Le coût de cette règle est connu et chiffrable : le délai de détection est à peu près l'intervalle multiplié par n. Avec une vérification par minute et trois échecs consécutifs, on alerte après environ trois minutes. Pour un site vitrine, ce délai est acceptable. Pour une boutique en période de soldes, on raccourcit l'intervalle plutôt que de supprimer la confirmation. Et lorsqu'un incident est déclaré, on continue de vérifier : la fin de l'incident se confirme elle aussi par plusieurs réussites de suite, sinon le site qui clignote produit une rafale de messages alternés.

Les causes de faux positifs à éliminer

  • Sonde unique — une seule sonde placée dans un seul réseau confond sa propre coupure avec celle du site ; deux emplacements indépendants, ou une seconde vérification depuis un autre point, tranchent.
  • Délai trop court — un délai de réponse fixé en dessous du temps de chauffe d'un site WordPress froid déclenche une alerte à chaque première visite après une période creuse.
  • Code seul — un contrôle limité au code 200 rate la page blanche, tandis qu'un mot clé trop fragile (une phrase d'accroche qui change) alerte à chaque modification éditoriale ; choisissez un élément stable, comme le nom de la marque dans le pied de page.
  • Redirections non suivies — une redirection de http vers https ou de l'apex vers www, mal gérée par la sonde, passe pour une erreur.
  • Protection anti-robots — un pare-feu applicatif ou une limite de débit qui bloque l'adresse de la sonde produit des 403 réguliers ; autorisez l'adresse de la sonde plutôt que d'abaisser la protection du site.
  • Maintenance non déclarée — une mise à jour planifiée qui coupe le service pendant quelques minutes déclenche une alerte et salit le rapport du mois ; on la déclare avant, voir plus bas.

Seuils de départ indicatifs, à ajuster par site

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ParamètreValeur de départ indicativeRaison
Intervalle de vérification1 minute pour un site critique, 5 minutes pour un site vitrinePlus l'intervalle est court, plus la détection est rapide, mais plus la charge de la sonde augmente
Échecs avant alerte3 vérifications consécutivesFiltre les coupures de quelques secondes sans retarder la détection de plus de quelques minutes
Délai maximal de réponse10 à 30 secondes selon le siteAu-delà, le visiteur a déjà quitté la page
Réussites avant fin d'incident2 vérifications consécutivesÉvite les messages d'ouverture et de clôture en rafale sur un site instable
Alerte d'expiration du certificat30, 14 puis 7 jours avant l'échéanceLaisse le temps de comprendre pourquoi le renouvellement automatique a échoué
Alerte d'expiration du domaine60 puis 30 jours avant l'échéanceUn domaine expiré coûte plus cher à récupérer qu'un serveur en panne

Mettre en place la surveillance d'un portefeuille

  1. Dresser l'inventaire des sites

    Listez chaque site avec son adresse, son hébergeur, la date d'échéance de son domaine et un contact côté client. Sans cet inventaire, il est impossible de dire quel site n'est pas surveillé.

  2. Choisir un mot clé stable par site

    Ouvrez la page d'accueil et retenez un texte présent dans toutes les réponses normales, par exemple le nom de la marque. Vérifiez-le à la main avec curl -s https://votre-domaine.com | grep -c "Nom de la marque".

  3. Mesurer la réponse d'un site à la main

    Avant de configurer la sonde, relevez le code et le temps de réponse avec curl -s -o /dev/null -w "%{http_code} %{time_total}\n" https://votre-domaine.com. Ce temps de référence sert à fixer le délai maximal.

  4. Contrôler le certificat

    Lisez la date de fin de validité avec echo | openssl s_client -connect votre-domaine.com:443 -servername votre-domaine.com 2>/dev/null | openssl x509 -noout -enddate, puis activez la sonde de certificat avec les seuils du tableau.

  5. Contrôler le DNS

    Notez les valeurs attendues avec dig +short A votre-domaine.com et dig +short MX votre-domaine.com, puis faites alerter la sonde DNS sur tout écart.

  6. Régler intervalle et confirmation

    Appliquez les valeurs de départ du tableau, puis laissez tourner une semaine. Une alerte fausse se corrige en réglant la cause, jamais en désactivant la sonde.

  7. Relier chaque sonde à un canal

    Associez les alertes critiques à un canal qui réveille quelqu'un, et les avertissements à un canal qu'on lit dans la journée, comme détaillé plus bas.

Fenêtres de maintenance et canaux d'alerte

Une fenêtre de maintenance est une plage horaire déclarée à l'avance pendant laquelle les pannes d'un site ne déclenchent pas d'alerte. Elle remplit deux fonctions : épargner votre astreinte, et rester visible dans le rapport, où la période est comptée à part au lieu d'être cachée. Une fenêtre bien tenue indique le site, l'heure de début, l'heure de fin et le motif. Ne la prolongez pas par habitude : une fenêtre ouverte en permanence est une surveillance éteinte.

Pour les canaux, séparez l'urgent de l'informatif. Une panne confirmée d'un site de production part vers un canal qui sonne, par exemple une messagerie d'équipe avec notification mobile ou un appel d'astreinte. Un certificat à 14 jours de l'échéance part vers un canal lu chaque matin, comme une boîte e-mail partagée ou un fil dédié. Prévoyez aussi un second destinataire : une alerte lue par une seule personne tombe en panne le jour de ses congés.

Cassez la sonde avant de lui faire confiance

Une sonde qui n'a jamais alerté n'est pas prouvée. Sur un site de test, changez volontairement le mot clé attendu ou arrêtez le service web, puis vérifiez trois choses : le délai avant l'alerte correspond au calcul intervalle fois n, le message arrive sur le bon canal, et la clôture se déclenche au retour du service. Rejouez ce test après chaque changement de sonde ou de canal.

Le rapport mensuel : ce que le client lit en deux minutes

Le client ne lit pas un journal d'événements. Il veut savoir, en une page, si son site a tenu, ce qui s'est passé quand il ne l'a pas fait, et ce que vous avez changé depuis. Un rapport utile tient sur une page et se génère à partir des mêmes mesures que celles qui déclenchent vos alertes, sans retouche manuelle : un rapport retouché perd sa valeur de preuve.

Le calcul de la disponibilité mesurée est volontairement simple : les minutes pendant lesquelles le site a répondu, divisées par les minutes de la période, après retrait des fenêtres de maintenance déclarées. À titre d'illustration seulement, 22 minutes d'indisponibilité sur une période de 43 200 minutes représentent environ 0,05 % de temps perdu. C'est un exemple de calcul, pas un engagement : indiquez toujours la méthode à côté du résultat, et ne promettez jamais un chiffre à l'avance.

Modèle de rapport mensuel

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RubriqueContenuExemple
Période et périmètreDates de début et de fin, site, sondes actives, intervalle de vérificationDu 1er au 30 du mois, page d'accueil et page de contact, vérification toutes les 5 minutes
Disponibilité mesuréePourcentage calculé, minutes d'indisponibilité, méthode de calcul22 minutes sur 43 200, maintenance déclarée exclue
Incidents horodatésDébut, fin, durée de chaque incidentLe 12, de 02 h 14 à 02 h 36, soit 22 minutes
CauseOrigine établie, ou mention explicite qu'elle reste inconnueRedémarrage d'un service après une mise à jour de sécurité
Actions menéesCe qui a été corrigé ou décidéRedémarrage planifié désormais placé hors des heures d'ouverture
Fenêtres de maintenancePlages déclarées, déduites du calcul, avec leur motifLe 20, de 03 h 00 à 03 h 30, mise à jour du système

Disponibilité mesurée par l'agence et SLA de l'hébergeur : deux notions

Le rapport de l'agence mesure ce que voit un visiteur : le site a-t-il répondu, avec le bon contenu, depuis l'extérieur. Le SLA de l'hébergeur est un engagement contractuel de l'infrastructure, avec ses propres définitions, ses exclusions et ses modalités de compensation. Les deux peuvent diverger sans que personne ne mente : une application qui plante alors que le serveur tourne ne compte pas contre l'hébergeur, mais elle compte contre le site.

Ne présentez donc jamais votre mesure comme la garantie de l'hébergeur, ni l'inverse. Dans le rapport, dites ce qui a été mesuré, par quelle sonde, depuis quel point. Si un incident relève de l'infrastructure, joignez la demande faite à l'hébergeur et sa réponse, et lisez les conditions de son engagement avant de promettre une compensation à votre client. Ce partage clair des responsabilités protège aussi la relation : vous documentez, vous ne promettez pas à la place d'un tiers.

Quand le portefeuille grandit

À cinq sites, une feuille de calcul et quelques sondes suffisent. À cinquante, la difficulté devient l'exhaustivité : un site oublié, un domaine dont personne ne surveille l'échéance, un contact client périmé. Nommez un responsable de l'inventaire, ajoutez la création de sondes à la liste de mise en ligne d'un nouveau projet, et recoupez chaque mois la liste des sites surveillés avec celle des contrats.

Les sondes de disponibilité répondent à la question « le site fonctionne-t-il ? ». Elles complètent, sans les remplacer, la supervision des ressources du serveur et l'audit de sécurité mensuel : disque plein, mémoire saturée ou mise à jour en retard sont des causes de panne qu'il vaut mieux voir arriver que constater.

La documentation officielle

Manuel de curl : https://curl.se/docs/manpage.html

Commande openssl s_client : https://docs.openssl.org/master/man1/openssl-s_client/

Commande openssl x509 : https://docs.openssl.org/master/man1/openssl-x509/

Outil dig : https://bind9.readthedocs.io/en/latest/manpages.html

Protocole RDAP et dates d'expiration d'un domaine : https://www.icann.org/rdap

Documentation d'Uptime Kuma : https://github.com/louislam/uptime-kuma/wiki

Voir les échéances de tous vos clients au même endroit

Un domaine qui expire ou un hébergement qui tombe : avec l'espace agence ServOrbit.com, vous retrouvez expirations et renouvellements de chaque client dans une seule interface; les sondes de disponibilité restent les vôtres.

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