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Contrat d'hébergement et SLA : checklist pour agences

Conformité & réglementation9 min de lecture6 étapes

Un client demande un SLA, ou une clause de disponibilité, sur un site que l'agence n'héberge pas elle-même. L'agence s'engage alors sur une infrastructure qu'elle ne contrôle pas, avec pour seul appui le contrat de son hébergeur. Or un SLA affiché n'est pas une garantie : la définition de la disponibilité, les exclusions, le plafond de compensation, les délais de support et la réversibilité fixent ce qui peut être promis en aval. Voici une checklist de questions à poser avant de signer, à faire valider par un juriste.

Sommaire· Un SLA affiché n'est pas une garantie1/12
  1. 01Un SLA affiché n'est pas une garantie
  2. 02Disponibilité : ce qui est mesuré, par qui, sur quelle période
  3. 03Les exclusions à chercher dans le texte
  4. 04Compensation : plafond, crédit et procédure de réclamation
  5. 05Support : un délai de réponse n'est pas un délai de résolution
  6. 06Sauvegardes : incluses, conservées, restaurables ?
  7. 07Back-to-back : ce que vous promettez contre ce que l'hébergeur garantit
  8. 08Sortie et réversibilité : le jour où le client part
  9. 09Sous-traitance, localisation des données et maintenance
  10. 10Aligner le contrat client sur celui de l'hébergeur
  11. 11Une règle pour la rédaction client
  12. 12Ce que cette checklist ne couvre pas

Un SLA affiché n'est pas une garantie

Un SLA est un texte contractuel, pas un argument commercial : il dit ce que l'hébergeur mesure, ce qu'il exclut, et ce qu'il verse lorsqu'il n'y parvient pas. Pour une agence, le point sensible est l'écart entre deux contrats. Vers le client, elle signe souvent une clause large : site disponible, incident traité vite, données restituables. Vers l'hébergeur, elle dépend de clauses plus étroites, parfois sans engagement de résultat. Si l'hébergeur plafonne sa compensation à un crédit de service alors que l'agence promet de réparer le préjudice du client, la différence reste à la charge de l'agence.

Cet article est une checklist de questions, pas un conseil juridique. La portée d'une clause dépend de son texte exact, du droit applicable et de votre situation : faites relire vos contrats par un juriste. Il traite le cas général de l'agence ; les obligations propres aux entités financières font l'objet de l'article sur DORA et les contrats TIC.

Disponibilité : ce qui est mesuré, par qui, sur quelle période

Commencez par la définition, car tout le reste en dépend. Que signifie « disponible » : le serveur répond à un test réseau, ou le site client s'affiche réellement ? Un hébergeur peut mesurer la disponibilité de sa plateforme sans jamais regarder votre application. Demandez ensuite qui mesure, avec quel outil, depuis quel point, et si les relevés sont accessibles à l'agence ou seulement sur demande.

La période de calcul compte autant que le taux. Un taux apprécié sur un mois ou sur une année ne se traduit pas par la même interruption tolérée, et une coupure répartie en micro-incidents peut ne jamais franchir le seuil. Vérifiez aussi si le SLA porte sur le service entier ou sur un composant : réseau, stockage, hyperviseur, panneau de contrôle. Enfin, repérez ce qui est exclu de la mesure, car c'est là que la promesse se réduit.

Les exclusions à chercher dans le texte

  • Maintenance programmée — les fenêtres annoncées sont-elles décomptées ? Avec quel préavis, et avec quelle limite de durée ou de fréquence ?
  • Force majeure — la liste est-elle fermée, ou assez large pour couvrir une panne de fournisseur du fournisseur ?
  • Pannes d'un tiers — réseau amont, centre de données, DNS ou CDN : sont-ils exclus, alors que le client ne voit qu'un site hors ligne ?
  • Cause côté client — une configuration, un plugin ou une charge anormale suffisent-ils à écarter le SLA, et qui en établit la preuve ?
  • Attaques et abus — une attaque par déni de service est-elle exclue, et à partir de quel seuil de protection ?
  • Suspension pour impayé ou abus — un compte suspendu sort-il du calcul sans condition ?
  • Seuil de déclenchement — faut-il une interruption continue d'une durée minimale, ou les coupures cumulées comptent-elles ?

Compensation : plafond, crédit et procédure de réclamation

Un SLA se juge à ce qu'il coûte à l'hébergeur de le rater. Cherchez la forme de la compensation : crédit sur la facture suivante, remboursement, ou indemnisation. Un crédit de service ne répare pas la perte de chiffre d'affaires d'un client e-commerce, et il n'est souvent utilisable que chez l'hébergeur. Cherchez ensuite le plafond : pourcentage de la redevance, montant maximal, exclusion de certains préjudices.

La procédure compte autant que le montant. Le crédit est-il automatique ou conditionné à une réclamation écrite ? Dans quel délai faut-il la déposer, et par quel canal ? Beaucoup de crédits ne sont jamais perçus parce que la fenêtre de réclamation est passée. Relevez enfin si le SLA est la seule réparation possible ou si d'autres recours restent ouverts : c'est une question de rédaction que votre juriste doit trancher, pas vous.

Support : un délai de réponse n'est pas un délai de résolution

Lisez les engagements de support avec la même grille. Distinguez l'accusé de réception, la première réponse utile et la résolution : un hébergeur peut s'engager sur la première et rester muet sur la dernière. Vérifiez la définition de la gravité d'un incident, et qui la décide. Si c'est l'hébergeur seul, un site client en panne peut être classé en gravité basse.

Demandez les canaux disponibles (ticket, e-mail, téléphone), les horaires, les langues, et ce qui se passe hors heures ouvrées. Un week-end ou un jour férié sans astreinte suffit à rendre une promesse d'agence intenable. Demandez enfin comment l'agence escalade : existe-t-il un interlocuteur désigné pour les comptes revendeurs, et un canal distinct pour les incidents majeurs ? C'est cette chaîne que vous décrirez à votre client, autant la connaître avant.

Sauvegardes : incluses, conservées, restaurables ?

Le mot « sauvegarde » dans un contrat ne dit presque rien. Posez des questions précises. Est-elle incluse dans l'offre ou optionnelle ? Quelle est sa fréquence et sa durée de conservation ? Où est-elle stockée : sur la même machine ou ailleurs ? Une copie sur le serveur qu'elle protège tombe avec lui.

Le point que les agences découvrent trop tard est la restauration. Qui la déclenche, dans quel délai, à quel coût, et sur quel périmètre : site entier, base de données, un seul fichier ? Le contrat garantit-il la restaurabilité, ou seulement l'existence d'une copie ? Une sauvegarde jamais testée reste une hypothèse. Prévoyez donc un test de restauration régulier sur un site client, comme le décrit notre procédure dédiée, et conservez une copie indépendante de celle de l'hébergeur pour les sites qui comptent.

Back-to-back : ce que vous promettez contre ce que l'hébergeur garantit

Faites défiler le tableau

Engagement vers le clientCe que l'hébergeur doit garantirÉcart à combler
Site disponible selon un seuilUn SLA mesuré sur le même périmètre, avec la même périodeDéfinition différente : adapter la promesse ou le périmètre
Indemnisation d'une interruptionUne compensation au moins équivalente, sans plafond inférieurPlafond plus bas : la différence reste à l'agence
Réponse rapide à un incidentUn délai de première réponse et une gravité définieDélai de résolution non garanti : ne pas le promettre
Intervention hors heures ouvréesUne astreinte ou un support étenduPas d'astreinte : prévoir la vôtre ou l'exclure
Sauvegarde et restaurationFréquence, conservation, délai et coût de restaurationRestauration payante ou lente : prévoir une copie propre
Restitution des données en fin de contratExport dans un format exploitable, avec un délaiPas de clause de sortie : négocier avant de signer
Information en cas d'incidentUn engagement de notification et de communicationPas de notification : communiquer au client sans preuve

Sortie et réversibilité : le jour où le client part

La clause de sortie est celle que l'on lit en dernier et dont on a besoin en premier le jour d'un conflit. Un client peut partir, l'agence peut changer d'hébergeur, l'hébergeur peut cesser son activité. Dans chaque cas, vous devez pouvoir récupérer le site, la base de données, les e-mails et les paramètres DNS dans un format exploitable.

Demandez donc : sous quel délai les données sont-elles restituées après résiliation ? Dans quel format ? À quel prix ? Combien de temps l'hébergeur les conserve-t-il avant suppression, et la suppression est-elle confirmée ? Vérifiez le préavis de résiliation, qui détermine si vous pouvez changer d'hébergeur sans interruption, et les frais éventuels. Enfin, regardez qui est propriétaire des noms de domaine et des certificats : un domaine enregistré au nom de l'hébergeur complique toute sortie.

Sous-traitance, localisation des données et maintenance

  • Sous-traitance — l'hébergeur peut-il confier l'exploitation à un tiers, doit-il vous le dire, et reste-t-il responsable de ses sous-traitants ?
  • Localisation des données — dans quels pays sont stockées les données et les sauvegardes, et un changement de localisation est-il notifié ?
  • Préavis de maintenance — quel délai minimal, par quel canal, et que se passe-t-il pour une intervention urgente ?
  • Sécurité — quelles mesures sont décrites, et l'hébergeur s'engage-t-il à vous prévenir en cas d'incident touchant vos données ?
  • Évolution du contrat — l'hébergeur peut-il modifier les conditions unilatéralement, et avec quel préavis de votre côté ?
  • Responsabilité — que dit le texte sur les dommages indirects, les pertes de données et la limite globale de responsabilité ?
  • Droit applicable — quel droit et quelle juridiction régissent le contrat, et sont-ils compatibles avec ceux que vous signez avec le client ?

Aligner le contrat client sur celui de l'hébergeur

  1. Rassembler les textes

    Réunissez le contrat, le SLA, les conditions générales, la politique de sauvegarde et la politique de support de l'hébergeur. Les engagements se trouvent souvent dans plusieurs documents.

  2. Remplir le tableau back-to-back

    Pour chaque engagement que le client demande, notez la clause correspondante chez l'hébergeur. Une ligne sans clause est un écart, pas un détail.

  3. Classer les écarts

    Pour chacun, choisissez : combler (obtenir un engagement de l'hébergeur), réduire (promettre moins), ou assumer (le risque reste à l'agence, en connaissance de cause).

  4. Reformuler la promesse au client

    Écrivez des engagements de moyens et de procédure plutôt que de résultat chiffré, tant que l'hébergeur ne vous donne pas l'équivalent en amont.

  5. Soumettre au juriste

    Transmettez le tableau et les deux jeux de clauses. Un juriste valide l'ensemble ; cette checklist ne remplace pas cette étape.

  6. Revoir à chaque renouvellement

    Un hébergeur modifie ses conditions, l'agence change de périmètre. Replanifiez la relecture à chaque échéance, et à chaque changement d'hébergeur.

Une règle pour la rédaction client

Ne reprenez jamais dans votre contrat un chiffre du SLA de l'hébergeur sans avoir lu sa définition, ses exclusions et son plafond. Un taux recopié sans son contexte devient votre engagement, sans la protection qui l'entourait chez l'hébergeur.

Ce que cette checklist ne couvre pas

La checklist ne dit rien du droit applicable à votre situation, de la validité d'une clause de limitation, ni des obligations sectorielles de vos clients. Elle ne remplace ni un avis juridique ni la lecture intégrale des textes. Elle sert à arriver chez le juriste avec les bonnes questions, plutôt qu'avec un SLA dont personne n'a lu les exclusions.

Pour la plateforme ServOrbit, la disponibilité mentionnée sur le site est un objectif, pas un engagement contractuel : elle se lit avec cette même grille, à confronter aux conditions de service, et ne se reprend pas telle quelle dans vos contrats. Notre rôle est de tenir l'infrastructure ; le vôtre reste la relation avec le client, et la base contractuelle qui la porte.

Une base contractuelle claire pour votre portefeuille

Vous gérez la relation client, nous tenons l'infrastructure. Découvrez ce que ServOrbit propose aux agences pour structurer un portefeuille de sites clients.

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